Les écoles de Visé

Les écoles de Visé

de la période française à 1914

par Jean-Pierre Lensen 

Extrait du livre « 400 ans de Savoir« 

 

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1794-1820

En 1796, l’inventaire des objets du couvent recèle ciboire en étain, un calice en métal, une orgue et plusieurs vieux (1) .tableaux. Le maire de Visé, Thomas Maes protégea les Sœurs. Il écrivit au citoyen Digneff qui s’occupait des biens dits nationaux que l’Institution des Religieuses Sépulcrines a toujours eu pour objet l’instruction et l’éducation et que par conséquent les biens et les revenus y afférents devraient continuer d’être employés à procurer à la jeunesse indigente les moyens d’acquérir les connaissances que réclame l’état de la société. Les autorités supérieures républicaines y furent sensibles. Le 5 septembre 1799, décision était prise : les Religieuses conservaient l’usufruit de leurs biens. Le citoyen Perot certifiait dans une pétition signée par 21 Visétois le 22 août 1799 que déjà le 1er septembre 1796, l’école était publique et que la citoyenne Leroux prenait bien soin de chômer les décades .. avec un zèle qui fait honneur à son républicanisme !. Le maire de Visé Pierre-Ursmer Philippin répondit au préfet le 28 mars 1806 Antoine Desmousseaux de Givré que dans les églises non employées au culte, il y avait celle des ex-religieuses, considérées comme institutrices et dont la valeur était de 1000 frcs. Il ajoute qu’on y célèbre régulièrement la messe et que l’église devienne propriété de la commune quand les Sœurs cesseront d’habiter l’ancien couvent.

(1 Knaepen John, La révolution, l’Empire et le 19e s. à Visé et dans sa région, spécialement p.87, 102,103,107, 122, 126,145 et 147) 

 

Image1821-1851    

 

L’école des Sépulcrines subsiste grâce à la donation du chanoine Fabius de Schell (1736). Mais le 20 juin 1823 l’Etat Hollandais supprime la dite école car il ne restait plus qu’une religieuse en activité (3 encore en 1820). Mais au courant de l’année 1824, les autorités politiques s’emparèrent «par la violence de cet établissement en dépossédant la dernière religieuse» écrivait en 1856, le Curé-Doyen de Visé Ali. Stiels qui poursuivait « ce n’est pas le gouvernement qui a saisi les biens des Sépulcrines pour les réunir aux Domaines mais le bourgmestre Jean Merx de Visé, accompagné de gendarmes, qui, sans aucun ordre écrit, a envahi la Maison et relégué la dernière religieuse dans un coin du Couvent. Elle mourut en 1826 ». La chapelle sera ouverte au culte en 1831 jusqu’en 1839 au moins. Les biens de la communauté furent gérés par un administrateur spécial (voir F.Hakin). Puis deux écoles primaires dès 1824 (une pour filles avec deux institutrices et une pour garçons avec deux instituteurs) et deux pensionnats pour garçons et pour filles, se tenaient dans l’ancien couvent des Sépulcrines. C’était le couple des maîtres de l’école M. et Mme Dally qui en était les directeurs et les salaires étaient payés sur la donation des Sépulcrines. En janvier 1830, une des dernières décisions du Ministre de l’intérieur hollandais Delacoste fut la création d’une école moyenne communale. En 1831, quatre maîtres régents enseignaient dans cette école et le principal était l’abbé Rogister. En 1838, l’abbé Novent dirige 6 autres régents et s’occupe d’un pensionnat pour garçons. En 1840 les 9 professeurs enseignent à 93 élèves dont 58 internes. En 1844, l’école communale fut dénommée Institution Saint-Hadelin Collège Français industriel et commercial avec pensionnat. Des subsides de l’état et les revenus des Sépulcrines assuraient l’entretien de l’édifice Dès 1844, le cours industriel et commercial fut divisé en quatre années. Le directeur était l’abbé Robeyns, préfet des études et directeur du pensionnat, aidé de 4 professeurs et deux instituteurs. En 1848, le collège est dénommé St Hadelin, école industrielle et commerciale et le corps professoral est constitué de 8 personnes.

 

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L’école Moyenne pour garçons de 1851 à 1935

Après la loi organique de l’enseignement moyen fut votée en mai et juin 1850 sous le ministre Rogier, ministre de l’Intérieur du ler juin 1850, l’établissement de Visé figure parmi les 50 Ecoles d’Instruction Moyenne projetées par l’État. Par Arrété Royal du 12 mai 1851, il est établi à Visé une École Moyenne de l’État en remplacement de l’École Industrielle et Commerciale, La rentrée était fixée le l er octobre suivant. Le pensionnat était maintenu. L’enseignement resta gratuit pour les enfants de la commune grâce aux fondations faites jadis en faveur des Sépulcrines et qui constituèrent la dotation de l’École Moyenne. Par-là, elle dépendait à la fois de l’État et de la Commune. Le premier directeur fut F. Bergeron. Les débuts furent difficiles par suite de l’opposition catholique : en novembre 1853, il y avait seulement quelques élèves. Les bâtiments étaient en mauvais état, surtout la toiture et le matériel scolaire, dérisoire. 

La salle de l’École Moyenne, c’est-à-dire l’ancienne chapelle désaffectée, fut très souvent utilisée pour des spectacles, expositions, réunions de toutes sortes, comme en août 1885, le puissant Comice agricole de Visé et de la Région, que présidait le député libéral G. Fléchet de Warsage, organise à Visé une grande réunion agricole avec, dans la salle de l’École Moyenne, une exposition de la remarquable collection botanique rassemblée par le professeur Apollon Hardy, un des futurs membres fondateurs de la Société Archéo-historique de Visé (1921). Le 30 août 1893, dans la même salle eut lieu la réception officielle du gouverneur de la Province venu voir une exposition agricole en même temps que les nouveaux boulevards en voie d’achèvement. Les distributions des prix avaient lieu dans l’ancienne chapelle. Y préta son concours l’harmonie des Arbalétriers, dirigée par Arnold Jaminet, professeur de musique à l’École Moyenne, dont le directeur était Mr. Crèvecoeur (jusqu’en janvier 1888). En 1890, des cours de latin et d’agriculture sont créés dans cette école. Le 28 juin 1895, Victor Pâques est nommé directeur de l’École et le 27 juin 1899, Auguste Quiévrain est choisi comme directeur du Pensionnat. Le 10 août 1909, la distribution des prix se fit avec le concours de l’harmonie Saint-Martin, sous la direction d’Urbain Martin. La rentrée se faisait le 30 septembre en cette année.