[Concert + CD] La musique au fusil

[Concert + CD] La musique au fusil

Introduction

L’histoire de cette collaboration a débuté en 2015 lorsque je concevais l’exposition « La Vie en chansons ». Après des mois de recherches, j’avais récupéré, entre autres, un certain nombre de chansons patriotiques du début du XXème siècle. Il ne s’agissait alors que de quelques feuillets, des pages jaunies et des mots anciens. Parfois une partition ou l’information laconique : sur l’air de. Malheureusement, de nombreux airs de cette époque nous sont inconnus aujourd’hui. Mais que sont des chansons quand elles ont perdu leurs voix ? 

J’en parlais alors à M. Lensen, conservateur du musée de Visé. Le Conseil d’Ethnologie de la Fédération Wallonie-Bruxelles nous donnait sa bénédiction. Nous décidions alors de proposer une sélection de chansons au Cercle Choral César Franck de Visé. A notre grand bonheur, l’idée leur paru intéressante. M. Berger et ses choristes allaient réfléchir. En réalité, un travail de longue haleine ne faisait que commencer. Des mois à refaire une instrumentation à 4 voix, à réadapter ces chants pour espérer vous les transmettre aujourd’hui par ce CD et son concert. Ce travail incroyable a été réalisé par Jean-François Berger. Après deux ans, nous sommes heureux de vous présenter ce résultat, qui nous l’espérons, vous séduira ! 
 
Cécile Lensen, Historienne du Musée de Visé
Jean-François Berger et le Cercle Choral César Franck

Un formulaire de réservation est disponible ci-dessous, ainsi que des informations historiques complémentaires. 

Le Concert "La musique au Fusil" aura lieu le 29 octobre 2017 à 15h, dans l'Eglise de Devant le Pont.

Les places seront disponibles sur place au prix de 8 euro. 

Si vous souhaitez acheter le CD également, vous pouvez obtenir la place de concert ainsi que celui-ci au prix de 20€.

Ce CD contiendra une douzaine de chansons. Une toute nouvelle harmonisation à 4 voix a été réalisé par M. Berger pour le Cercle Choral César Franck.

Il sera vendu au prix de 15€.

Lors de l'enregistrement, le Cercle Choral César Franck sera dirigé par Jean-François Berger. L’accompagnement au piano sera réalisé par Gérard Westphal. 

Avec la participation des choristes :

ADAM Stéphane, BEGUIN Marie-Françoise, BELLEM Denise, BIENVENU Chantal, BOL Muriel, BOULANGER Jeanine, BRÜLL Michel, BRUWIER Yvette, BRUYERE Myriam, BUSCHGENS Hubert, CHARLIER Gerty, COENEGRACHTS Christine, COSTIN Sheila, DAMOISEAUX Raymond, DELCOURT Bob, DELHEZ Georgette, DELMELLE Elisabeth, DESMICHT Bernadette, DESSART Maggy, ESSI Marthe, GATHOYE Maguy, GILLES Christiane, GOOSSENS Yvette, GUILLAUME Aimé, HABETS Marleen, HALLEUX Isabelle, HARDT Marie-Thérèse, HENVAUX Jeanine, HERMESSE Brigitte, HORDEBISE Arlette, HUMBLET Gerty, JEUNIAUX Claude, JOCKIN Nathalie, KARIGER Georges, LEROY Anne Marie, MARX René, MEESEN Eliane, MILLARD Jany, MONISSE Roxane, MOONS Emmanuel NIHANT Rina, NOEL Jacques, NIHANT Marie-Josée, OTTEN Claudine, PAGGEN Hubert, PAGGEN Elisabeth, PETIT Marie-Rose, PETIT Marie-Thérèse, PINKERS, Béatrice, PLUSQUIN Mariette, POTIER Janine, PYNAERT Jackie, QUEVY Ma-Jo, RENS Josette, ROKS Marie-Jeanne, ROYEN Marie, SCHOONBRODT Robert, SOUTMANS Brigitte, THUNISSEN Céline, THUNISSEN Francine, TOLLEC Viviane, VAESEN Henri, VANDERBEEKEN Christian, VANRUSSELT Jean-Marie, VOISIN Christian, WILLOT Renée
 

La chanson populaire pendant la guerre : 

Conjuguer la propagande patriotique et les désirs du public

En Belgique et en France, en 1914, la musique la plus répandue, celle que l'on a entendue jusque dans les coins les plus reculés des territoires, a été celle véhiculée par les armées. - L'âge d'or de la musique militaire, en France, date de cette époque. On ne l'entendait pas juste au passage : elle était là, tout simplement, omniprésente, avec ces airs faciles à retenir, son rythme régulier et ses accords relativement simples, de toutes les fêtes et de toutes les cérémonies officielles. 

En Belgique comme en France, il n’est pas rare que des marches militaires soient de véritables Hit  populaire. L’heure est au patriotisme, et chacun se doit de clamer haut et fort ses racines. Des chanteurs de café-concert bâtissent leur carrière entière autour de ces airs militaires… L’idée  d’écouter des musiques militaires dans un lieu de loisirs telles qu’un cabaret, le verre de vin à la main peut bien sûr étonner aujourd’hui, c’est pourtant une réalité. Et d’ailleurs, il n’est pas rare que des chansons civiles s’inspirent à leur tour des marches militaires … 

C’est le cas de « En revenant de la revue » (Paroles de Lucien Delormel et Léon Garnier, musique de Louis-César Desormes, 1886). Créé par Paulus, en mai 1886 à la Scala, l’inventeur d’un nouveau genre de spectacle, le Gambilleur, qui amuse énormément le public : il  chante tout en se promenant d’un bout à l’autre de la  scène en dansant et en gesticulant et qui au dernier refrain, hissait son haut de forme au bout de sa canne et entamait son "Gais et contents..." en chevauchant un cheval imaginaire. 

La chanson a toujours été utilisée pour véhiculer des idées, pour conscientiser et pour appeler à un comportement donné. Avec la déclaration de guerre, la chanson francophone « populaire », déjà fortement imprégnée de culture militaire, va connaitre un changement singulier : sans qu’il y ait besoin que l’Etat ou l’armée le demandent ou y participent, les auteurs-compositeurs, à l’image de toute la population, vont clamer à l’envi, la jubilation d’en découdre avec l’ennemi allemand.  Cette énergie meurtrière est décuplée par les nouvelles atroces qui parviennent depuis la Belgique, attaquée, malgré sa neutralité proclamée, les exactions contre les civils ou les édifices religieux et la nouvelle stratégie infligeant des pertes alors inimaginables aux troupes …  

Une énorme production de nouveaux textes va alors marteler de manière obsessionnelle les buts de la guerre contre les barbares. Dans l’esprit du temps, ce n’est ni plus ni moins qu’un choc de civilisations. Ce répertoire patriotique détaille tous les aspects de cette guerre est juste par essence. Et qu’importe les contradictions, c’est une guerre sainte contre le démon teuton. Elle oppose le camp de la justice, de la droiture et des libertés contre des « Huns » modernes qui ne respectent aucune valeur humaine. Cela va donc bien au-delà des frictions diplomatiques sur un champ de bataille conventionnel.

Si ce sujet vous intéresse, nous avons publier sur ce site une série d'articles en rapport avec la musique du début du siècle.

 

La majorité des chansons de cet album appartiennent à cette catégorie de chansons à la fois populaires, propagandistes et patriotiques. 

Quelques chansons n'ont pas été écrites pendant le conflit de 14-18 et datent de périodes antérieures. Néanmoins, celles-ci ont été récupérées voir adaptées pour le nouveau conflit. Ces chansons sont pour la plupart patriotiques, certaines peuvent également être considérées comme de la propagande alliée. Certaines sont plutôt d'usage militaires et d'autres sont populaires, dans le sens stricte du terme, donc appartiennent aux chansons du peuple.