[Index du patrimoine] Lettre C

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Le Canal Albert

A la fin des années 20, la décision fut prise d’élargir cet ancien canal et surtout de relier directement le port d’Anvers, sans de nouveau passer par le Limbourg hollandais, les travaux du canal Albert (à 1200 tonnes) commencèrent en 1930 et le canal sur toute sa longueur fut inauguré en 1939. On voit à gauche l’ancien tronçon du canal vers Maestricht et à droite le plus que doublement de cette voie d’eau. La rive Ouest ne sera terminée que plus tard. La construction d’une cimenterie fut curieusement autorisée à l’emplacement de l’élargissement du nouveau canal fin des années 20 : les fours, les grandes cheminées, le transbordement par la voie d’eau sont très modernes mais ne durèrent qu’un temps : car au début des années 30, on élargit le canal (à 65 m.) pour un trafic de 2.000 tonnes et on commence le creusement d’une tranchée à Caster.

Le Canal AlbertExit alors cette usine, expropriée. Sur une voie étroite circulaient les trains qui manœuvraient les wagons de déblais de la tranchée de Caster. Ce thier (colline) fut troué de part en part en 1930-1933 pour que cette voie d’eau artificielle puisse accéder à la Campine anversoise et rejoindre Anvers. Les voies étaient déplacées au fur et à mesure de l’avancement et du percement de cette colline calcaire. Un détail de ces travaux, un peu plus avancés : l’excavatrice déplace chaque jour des tonnes de calcaire et de silex. La vingtaine d’ouvriers limbourgeois et liégeois a fait la pause pour la photo et continue inlassablement son labeur car l’échéance approche.

C’est sur le flanc sud de cette tranchée que le fort d’Eben-Emael sera construit dès 1932. Le canal, sur toute sa longueur sera inauguré en 1939 mais en 1933, la tranchée de Caster était déjà terminée. La plupart des bateaux-touristes de la région liégeoise participèrent au défilé nautique à l’occasion de l’ouverture de la deuxième section du canal Albert, le mardi 16 octobre 1934, en présence du jeune souverain Léopold III. On voit la succession des bateaux à gauche, tandis qu’à droite se distinguent les deux écluses de Lanaye adaptés à 600 t. (55 m x 7,5 m et chute de 13,7 m.) Ce « bouchon » de Lanaye (car canal Albert en amont et canal Juliana en aval étaient adaptés à 2.000 t) ne sauta qu’en 1962, lorsqu’une 3e écluse à 2.000 t. fut terminée (136 m.x 16 m.). Une 4e écluse (200 m. x 25 m) vient d’être décidée en 1998 et sera adaptée aux convois de 9.000 tonnes. Elle sera disposée à l’est de la 3e écluse.

 

Le Canal du Charbonnage

Le Canal de CheratteEntre le chemin de fer et la Meuse, s’implanta en septembre 1920, le chantier naval du Lloyd Mosan dont le premier directeur fut M. Noblesse-Buschgens, qui construisit une superbe maison en style éclectique sur la place communale (future maison communale). Peu après 1930, le Chantier fut repris par la S.A. des Bateaux Belges qui exploitait les bateaux-mouches.

La photo montre la première exploitation avec la réparation de péniches, en cale sèche. Entre 1920 et 1922, on construisit un canal, relié à la Meuse et avec les matières extraites on remblaya le futur site de la cité et on fabriqua les briques des maisons. D’énormes grues extrayaient des wagons venus de la gare du charbonnage, l’anthracite qui était déposé dans les soutes des péniches à moteurs. Certaines allaient même jusqu’au port de Paris où le charbon de Cheratte était renommé. Un endroit du canal était plus large (voir p.117) pour les manoeuvres des péniches qui devaient repartir vers la Meuse. Cette darse plutôt que canal est maintenant un paradis pour les passionnés de pêche.

 

Le Canal Liège-Maestricht

En 1850, la construction du canal Liège-Maestricht, voie navigable parallèle au fleuve, les chantiers navals se déplacèrent près de cette voie d’eau et le chantier Dessard Frères connut quelques heures de gloire, construisant et surtout réparant des péniches au début du siècle. Ce canal Liège-Maestricht rendit des services importants à l’économie liégeoise mais le nombreux d’ouvrages d’art (ponts, écluses de faible chute entre 1,3 m et 2,5 m.) gênaient la navigation et les bateaux devaient passer par la Hollande pour se diriger vers Anvers.

Avant la grande Guerre, ces péniches attendent le passage du pont tournant de Hallembaye. Sur le canal Liège-Maastricht, long d’un peu plus de » 30 km », on trouvait près d’une vingtaine de ponts (dont certains annexés à une écluse). A Lanaye, on trouvait, en venant de Liège, l’écluse n°3 avec un pont-levis, le pont tournant n°13 (non loin du pont à haubans actuel), et à 2500 m en aval, l’écluse n°4 de Petit-Lanaye avec un pont-levis. A côté de ces infrastructures, une maison de pontonniers avec sa corniche à feston caractéristique. A observer en ces années 20, le tracteur qui hissait les bateaux d’un pont à l’autre.

Pour passer du chenal de la Meuse au canal Liège-Maestricht, construit de 1845 à 1850, et pour rattraper la différence de niveau, des écluses étaient nécessaires…..ouvertes seulement à des bateaux d’un maximum 350 tonnes. Nous sommes ici dans le quartier de la Basse-Meuse peu après 1900. Le canal Liège-Maestricht, puis le canal Albert ont coupé le centre de Lixhe et Nivelle du hameau de Loen. Deux ponts (Lixhe n°10 et Nivelle n°11) puis par après un pont (Lixhe) relièrent les deux parties du village, Retrouvons-nous vers 1900, plus au Nord, à Petit-Lanaye, où l’écluse n°4 (1,85 m. de chute) avec son pont levis est levé, en aval de l’écluse.

La colline de Caster est à l’arrière-plan et le bateau Julie avec son lot de marchandises et de passagers entre dans l’écluse. Ce bateau de la compagnie maestrichtoise de navigation à vapeur (fondée vers 1880 par Arnold Bonhomme) était appellé « Pointu » avec ses 4 compagnes  » La Marie, La Ville de Liège, Stella et Koningin Wilhlemina » qui durent interrompre leur service régulier le mercredi 17 septembre 1914. C’est toujours près des ponts et des écluses que la plus grande animation régnait. De plus, la maison de l’éclusier avec sa corniche typique en festons abritait le télégraphe.

Voir Petit Lanaye

 

Le château Caster à Lanaye

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Le château de Caster, « sur la colline ». En cette fin novembre, on peut facilement voir la muraille et la façade arrière du château, qui deviendra propriété en 1938 des cimenteries C.B.R. et de Fortuna. Un incendie en 1974 ravagea la propriété, qui fut assainie.

Nous voyons la façade principale : à droite, l’aile construite en 1888 par l’architecte liégeois Jean-Charles Delsaux et à gauche la partie d’origine du 18 e s. Remarquons le goût d’alors pour le moyen-âge : les larmiers en accolade surmontant les fenêtres, les tours et pignons crénelés et d’autres éléments décoratifs de fantaisie. Un bassin d’eau ou plutôt de sable est à l’avant-plan. Sur la colline de Caster, il ne reste plus maintenant qu’une belle ferme ayant appartenu à l’abbaye St-Jacques de Liège. Le site fut déjà occupé par les Gaulois.

 

 

 

Le centre Culturel de Visé

Est installé depuis 1989 à l’ancien athénée. 

 

Le cercle de Devant-Le-Pont

Pauvre abbé Lekeu, il assista à l’incendie de son église et de la salle de fêtes, le Cercle de Devant-le-Pont. Avec les paroissiens, il rehaussa ses manches et reconstruisit cette salle de fêtes en moins de 4 mois. Le dimanche 21 septembre 1941, on y célébrait la 1ere messe car cette salle servit de chapelle provisoire mais aussi pour tous les événements du quartier. Depuis 20 ans, la salle a été encore rénovée et s’ouvre à diverses manifestations (bals, soupers, expositions). Le bâtiment héberge aussi les colombophiles et une bibliothèque de quartier.

Voir Avenue Roosevelt

 

Le Charbonnage de Cheratte

CharbonnageQuelle épopée que celle de ce charbonnage du Hasard de Cheratte. L’exploitation antérieure avait coulé. Et en 1905, défiant tous les pronostics, l’ingénieur Henry va faire de Cheratte un siège hyper-moderne : il utilise l’électricité, construit la tour n°1 en style médiéval, aménage la salle des compresseurs à l’étage, approfondit les puits. On construit un canal pour exporter l’anthracite e.a. vers Paris. Avec cette bonne argile, on réalise les briques de la nouvelle cité minière, on rachète le château pour le directeur.

Sur le plan, on voit de gauche à droite : le canal, la cité, les installations de surface et les trois puits à l’Est de la route de Visé. La première tour de puits (30 m. de haut sur 12 m. de côté) avait sa machine d’extraction à l’étage, frappait par son architecture médiévale et la profondeur atteignait en 1907 170 m. Le puits n°2, à gauche fut achevé en 1920. Tous deux seront modernisés et atteindront en 1936 313 m. La tour n° III sera édifiée par après entre 1947 et 1950.

La Belle-Fleur sur la colline de Hoignée ne servait surtout qu’à l’aération. Le charbonnage compta près de 1500 travailleurs peu avant 1960. Il fermera ses portes le 31 octobre 1977. On lui préféra Blegny-Trembleur, charbonnage fermé en 1980, pour garder la mémoire des « Houyeux » en région liégeoise. Le charbon remontait par le puits et était lavé et trié de l’autre côté de la rue de Visé. On séparait le bon charbon du schiste et du schlamm. Camions et wagons recueillaient cette très bonne anthracite, destinée au chauffage domestique. Le bâtiment imposant à droite est l’institut St Dominique que les Sœurs françaises vendirent au charbonnage en 195? . Après le rachat du charbonnage, les installations de surface furent arasées et seuls deux tours d’extraction (I et III) furent classées.

Elles attendent encore une affectation durable. Au 19e s., c’était le pic et la rivelaine qui étaient utilisés. Au 20e s., le marteau-piqueur fut d’abord adopté. Muni d’un tuyau recevant de l’air comprimé de la surface, l’abatteur s’ attaquait à la bonne couche et laissait tomber derrière lui les morceaux de charbon que les hiercheurs amenaient dans les wagonnets tirés par des chevaux (jusqu’en 1950) puis par des locomotives Diesel. Il fallait aussi s’assurer d’un bon soutènement, ce que préparait le boiseur. On utilisa dans les années 30 des haveuses et des sortes de rabots mécaniques. Mais la plus grande part des emplois cherattois provenait du charbonnage : entre 1848 et 1877 avec le Charbonnage de Cheratte – Bouhouille – Housse et entre 1905 et 1977 avec le Charbonnage du Hasard.

Les femmes et les enfants travaillèrent surtout au 19e s. dans les houillères. Ici, devant une petite épicerie de village (Rue Entre les Maisons ?), comme il y en eut beaucoup dans nos villages jusqu’en 1960, des mamans travaillant au charbonnage prennent un peu de repos avec leurs jeunes enfants. Le travail dans le fond et de nuit fut interdit aux femmes en 1911. La population active dans ces mines était belge et étrangère: en gros, il y eut les Polonais et les ressortissants de l’est avant 1940, puis les Italiens jusqu’en 1956, les Grecs et les Espagnols ensuite et enfin les Turcs et les Marocains après 1964.

Ces baraquements à Cheratte Hauteurs avaient été installés avant 1930 non loin de la Belle-Fleur de Hoignée, pour héberger des étrangers. Il faut noter aussi que des prisonniers russes pendant la guerre puis des soldats allemands faits prisonniers après, travaillèrent aussi dans la mine. Dans la rue de Visé, l’institut St Dominique était tenue d’une main de fer par des sœurs belges (de St Joseph de Blegny) puis en 1902 des sœurs françaises (de Paramé) qui tenaient un internat et enseignaient à des garçons. Elles construisirent leur bâtiment en 1891 et le vendirent au charbonnage en1954, charbonnage qui aménagea les classes en bureau, en 1958. Pendant la guerre 40-45, y était installée la Kommandantur. Le bâtiment sera démoli en fin d’année 1998, ayant été vandalisé et pillé après la fermeture.

Voir Canal du Charbonnage, Château de Cheratte, Cité du Charbonange, Rue de Visé.

Le château d’Argenteau

Château d'ArgenteauArgenteau, c’était un rocher fortifié qui dominait la vallée de la Meuse « L’île dans les nuages » comme s’en vantaient les différents seigneurs du château construit vers l’an 1.000, assiégé plusieurs fois comme par leurs voisins en 1347 ou par les troupes de Louis XIV en 1674. Un château résidentiel fut ensuite construit sur les casernes de l’ancien château- fort.

Aménagé avec beaucoup de goût par les de Laverne puis par les de Mercy- Argenteau, on le voit au tout début du siècle. Aux deux coins, les deux cèdres du Liban dont celui planté par François-Joseph de Mercy-Argenteau, en 1804 après sa nomination comme chambellan de Napoléon 1er. Elisabeth de Caraman-Chimay (1837-1890), épouse d’Eugène de Mercy-Argenteau (1838-1888) n’est pas seulement la petite fille de Mme Tallien mais fut surtout une protectrice des arts en accueillant des musiciens comme Liszt ou de l’école russe comme Cui ou Borodine. Quelques mois après cette photo, elle allait mourir à Saint Pétersbourg. Sur le pont reliant le château au rocher, cette dame très cultivée regarde l’entrée de son château. On voit, à ses côtés, le majestueux cèdre du Liban planté par le grand-père de son mari et le château à la façade crépie (la végétation n’a pas encore envahi la façade). Mais le plus curieux, ce sont les niches à chien dans le beau parc.

La dernière de « sa race », Rosalie de Mercy-Argenteau aimait les gros chiens de race : Saint-Bernard, Labrador,… Dilapidant le patrimoine familial, elle dût se résoudre à vendre ses domaines dont le très riche mobilier, la bibliothèque puis le château d’Argenteau (le lundi 16 mars 1903) et s’expatria aux Etats-Unis avec son fils (il mourut tragiquement d’un accident de voiture et elle ne lui survécut que de quelques mois). Ce fut Guillaume Gustave Van Zuylen qui racheta les domaines, toujours aux mains des descendants jusqu’en 2002. Un ressortissant hollondais, Mr Zieck est depuis le propriétaire.

 

Le château de Cheratte

Chateau SaroleaLe cliché est pris de la limite de Wandre , vers le nord vers 1900 car on distingue à l’arrière-plan l’ancien puits du charbonnage de Cheratte-Housse-Bouhouille. Ce chemin, plutôt que route ne fut asphalté dans les règles qu’en 1938. Les deux arbres marquaient l’entrée de la rue Césaro. La tour Sud du Château Saroléa avec le petit pavillon est en style Renaissance Mosane : les angles du bâtiment sont en calcaire, la base de la corniche est en tuffeau et le reste du bâtiment est en briques.

On voit surtout les fenêtres en croisée, typiques de ce style. A l’origine, la propriété de Gilles de Sarolea, le maître de fosses qui racheta en 1643 la Seigneurie de Cheratte au roi d’ Espagne allait du cimetière actuel à la Meuse. Il y avait d’est en ouest la chapelle castrale, la basse-cour, le château dont l’entrée principale donnait sur un immense parc, une ferme et sur l’autre rive, les écuries.

On voit ici l’entrée côté Basse-Cour (= la route) avec la grille la tour au sommet bulbeux et les deux ailes plus massives avec toiture à la Mansart. A la partie droite du château, un pavillon rajouté récemment, lors du rachat de la propriété par le Charbonnage du Hasard en 1913. 

 

Le château de Loen – Lixhe

chateaudeLoen

Entre le 17e s. et notre époque, un château imposant a dirigé la vie dans ce hameau à l’ouest de Lixhe. Un vaste quadrilatère comprenant plusieurs tours, des corps de logis et la zone d’exploitation rurale fut aménagé par les familles qui s’y succédèrent : de Gulpen, de Waha, de Paludé, de Villenfagne et de Donnéa. Le château fut incendié aussi lors du départ des derniers allemands (des S.S) battant en retraite. Château et ferme ont été depuis reconstruits. Voir Löen

 

 

 

 

Le château de Richelle

Château de RichelleSur la grand place, un château du 18e s. appartint e.a. à la famille Stas de Richelle et maintenant à M. et Mme Smette-Wathelet qui veillent soigneusement sur la demeure et le séquoia du jardin. A noter le fronton (récent) percé d’un oculus et les grandes fenêtres.

 

 

 

 

Cheratte

Cheratte signifierait Chute d’eau si c’est bien du latin Cataracta que ce nom provient. Effectivement jusqu’au premier aménagement du fleuve vers 1860, les bateaux, à certains moments de crue, pouvaient craindre le méandre de Cheratte. Et pour passer d’une rive à l’autre, de Cheratte à Chertal, on utilisa de grandes barques, sortes de bacs qui étaient amarrés non loin du passage à niveau (1861) et de la route nationale (1840).La maison voisine était celle du passeur.

 

Les cimenteries

La CimenterieEn 1899, sur la rive gauche du canal latéral, 3 cimenteries étaient en construction dont une capable de produire 300 tonnes de ciment par jour. Les ciments de Visé-Haccourt et les Ciments Portland Liégeois notamment. La voie d’eau était idéale pour transporter ces matières pondéreuses. A droite du cliché, le canal s’élargit près du canal de jonction avec la Meuse, à Devant-le-Pont.

On voit ici la cimenterie de Visé et en arrière-plan , le pont des Allemands, qui fut aussi utilisé plus tard, pour exporter  » en vrac » ce ciment. Les cimenteries C.B.R. s’installèrent près du massif calcaire de la Montagne Saint-Pierre. Son centre de production moderne, leader de la fabrication du ciment au Bénélux fut aménagé en 1950 pour remplaçer une première usine située à Loen. Ce complexe est constamment adapté aux techniques de pointe.

Sur cette carte des environs de 1960, on le voit à droite, tandis qu’à gauche, on voit les Ciments de Visé. Ce site fut désaffecté pour laisser place en 1979 à E.C.C., usine anglaise de traitement du kaolin.

Voir Lixhe.

 

La cité du charbonnage

La belle période, vers 1930 : une sorte de cité radieuse où même la route était « fleurie ». Construite à l’imitation de cités minières anglaises, plutôt que de corons du Nord, la cité du charbonnage était gérée par le Hasard : les magasins appartenaient à la Cité, le loyer était décompté du salaire ou faisait partie du contrat de travail. Des obligations étaient demandées aux habitants : une bonne gestion de la maison et des jardins à fleurs sur la façade et à légumes à l’arrière.

Ou sinon, des amendes étaient retirées du salaire hebdomadaire de l’ouvrier. Sans oublier que des gardes ne permettaient pas l’accès aux « étrangers ». Pour s’assurer une bonne qualité de sa main d’œuvre, la Société du Hasard fit construire, entre le chemin de fer et le canal une cité sociale qui comprenait en 1926 200 maisons familiales et un hôtel de 128 chambres individuelles pour les célibataires.

Les inondations « séculaires du 1er janvier 1926 n’épargnèrent pas la cité dont on voit la menuiserie et à gauche, l’hôtel ou phalanstère, noyés. Lors de la fermeture en 1977, ce fut la régionale visétoise d’habitations sociales de Visé qui reprit la gestion, restaura quelques maisons et reconstruisit d’autres.

Voir Charbonnage, Cité, Canal, Château de Cheratte.

 

Claire-fontaine ou cpas de Visé

Construit en 1898 par l’entrepreneur Pierre Lensen, sur les plans des architectes Rubbers et Henrotte, l’Hospice « sur la Fontaine » recueillit les personnes âgées indigentes. Nombreuses collectes, fêtes, cavalcades permirent de réunir l’argent nécessaire à la construction et à la vie de cette maison tenue au départ par des sœurs de Saint- Augustin. Elle servit d’hôpital pendant les premières journées des combats d’août 1914. Depuis 1977, c’est le Centre Public d’Aide Sociale de Visé qui gère la maison de repos de Claire-Fontaine.

Les cliniques de Devant-le-pont

Dans cette allée Verte, conduisant vers Haccourt, un temple antoiniste fut érigé en avril 1915. Tout à côté, dix ans plus tard, la Clinique Saint-Augustin ouvrit ses portes jusqu’en 1938. A gauche, les installations « opératoires » et à droite la partie « clinique » avec les chambres. Un jardin à potager et plus à droite (non sur la photo), une zone de délassement avec un kiosque offraient tout le confort voulu pour bien « se retaper ». Les infirmières étaient des sœurs hospitalières de l’ordre de Saint-Augustin de Liège.

Vingt ans après la fermeture de cette clinique, dans la rue Marchand, (mais du côté de l’entité d’Oupeye) le quartier se dota d’un nouvel hôpital, Notre-Dame, avec une maternité, gérée par les Mutualités Chrétiennes. Pour revenir à notre bâtiment , signalons qu’il devint un petit séminaire (les Lazaristes) après la 2e guerre et que de 1964 à 1997 s’y tinrent les cours de l’Académie communale de musique et des arts de la Parole César Franck.

 

La rue du collège de Visé

Nous sommes rue du Collège, anciennement, rue des Religieuses. Les nombreuses fermes de la rue ont fait place aux commerces : un teinturier, un commerce d’aunages. Sont- ce les enfants de la rue ou les enfants de l’école primaire qui posent sur fond de l’école moyenne, dont la tour profile l’horizon.

 

Le collège Saint-Hadelin de Visé

En 1879, la nouvelle loi Van Humbeeck imposée par une majorité libérale déclencha ce qu’on appela la première guerre scolaire : le monde catholique réagit en construisant les collèges épiscopaux : le Collège St Hadelin vit le jour le samedi 4 juin 1881 grâce aux efforts de l’abbé Demarteau et de notables catholiques. Les entrepreneurs Lensen et Bellem exécutèrent les plans de M.Joliet. La chapelle en néo- gothique anglais fut consacrée en 1903. Nous pénétrons dans l’école au moment de la récréation…les jeux de billes ont la cote.

L’école ne cesse de se développer avec le nouvel institut primaire, installé vers 1922 au moment de la reconstruction de la ville. Ce bâtiment à gauche de la carte se trouve à l’angle de la nouvelle rue des Déportés. Il y aura par après une nouvelle salle des fêtes (1934), la construction d’une nouvelle école primaire (1960), le rachat de l’ancien casino (1962) et la rénovation de tous les anciens bâtiments, ré inaugurés le vendredi 20 avril 1990.

Voir Ecoles.

 

La collégiale (place de la)

 Une petite tour carrée, improprement dénommée Tour scabinale était en fait une dépendance d’une des maisons claustrales, habitées avant la révolution, par des chanoines de Saint -Hadelin. On parlait de la classer en 1936. Ce ne fut pas le cas et devenue une ruine, elle termina sa vie sous la pelle des démolisseurs en 1950. A l’arrière-plan, le cercle catholique reconstruit en style mosan. Ce fut la porte ouverte à beaucoup d’animations socio-culturelles que poursuivent maintenant le cinéma Excelsior, une ludothèque et des salles culturelles. Voir Eglise Saint-Martin, Voir Hôtel, Voir Saint-Hadelin.

 

La colombophilie

10 passionnés de « colons », autrement dit des adeptes de la colombophilie (à ne pas confondre avec la colombofolie) se sont retrouvés après le concours. Un petit moment de détente n’est pas de trop après les efforts insoutenables d’attente du pigeon. La société colombophile de Visé est très ancienne (2e moitié du 19e s.).

 

La cour de Justice à Richelle

Tout à côté de l’ancienne cour de justice de Richelle, vaste ferme en partie 18e s. localisée sur la place du village entre l’église et le château, nous distinguons sur un socle massif au flanc échancré, la croix de Jean Mathias portant la date de 1775. Mais son origine est plus ancienne et rappelle la mort tragique du curé Winand de la Sèche Haye le dimanche 30 septembre 1663 : il avait voulu s’interposer lors d’une rixe, à l’occasion de la kermesse locale.