Les fouilles du Trilogiport

Les fouilles du Trilogiport

Hermalle sous-Argenteau

Extrait de l’exposition « 15 ans de fouilles archéologiques en Basse-Meuse »

Les fouilles ont été effectuées entre 2011 et 2012, dans les 55 ha dédiés à la future implantation du Trilogiport à Hermalle-sur-Argenteau, dans la plaine alluviale de la Basse-Meuse. Ces fouilles ont permis la découverte exceptionnelle d’une vaste nécropole à incinération du type CHAMP D’URNES de plus de 140 tombes que l’on peut dater des périodes du Bronze final au premier Âge du Fer (1ère moitié du 1er millénaire avant notre Ère).

Il s’agit de la seule découverte de ce genre après celle effectuée dans les années septante (1974) sur le site de Herstal Pré Wigy (sous le Carrefour actuel). Le champ d’urnes ne semble pas avoir été réoccupé après son abandon. Ses limites ont pu être précisées au sud, à l’ouest et au nord sur une superficie de 8.600 m2 et sa partie orientale aurait disparu dans d’anciens travaux de gravière. Vu les délais serrés, la technique de «la fouille en laboratoire» a été favorisée. Il s’agissait de prélever les dépôts funéraires pour permettre de les fouiller en laboratoire et de les étudier suivant une démarche interdisciplinaire (anthropologie, anthracologie, carbone 14 …). Les dépôts (en blocs d’ossements) de type Knochenlager ont été prélevés mécaniquement et entreposés.

Les dépôts en urne ont été dégagés sur la moitié ou le quart de leur diamètre, afin d’en appréhender la forme et les dimensions puis ont été prélevés mécaniquement. Seules les aires de combustion et d’autres structures ont été fouillés sur le terrain. 175 structures dont 158 tombes. En d’autres endroits du site, les recherches de terrain ont révélé la présence de vestiges d’occupations des derniers chasseurs (dits mésolithiques, aux alentours du 7e millénaire avant notre Ère), des premiers agriculteurs (dits néolithiques anciens ou encore danubiens, à la charnière des 6e et 5e millénaires avant Jésus-Christ), de même que des périodes gauloises, romaines et mérovingiennes. Une vaste étude géologique à été initiée dans le but de mieux comprendre le processus de formation de la plaine alluviale et, par voie de conséquence, de caractériser l’environnement (flore, faune, climat, …) des différentes périodes d’occupation du lieu. 

Les sépultures

 

Chiffres basés sur la découverte des 140 premières tombes : 

Sépultures de type Knochenlager : 77 (55%) 

Quatorze de ces sépultures en blocs d’ossements présentent une dalle de fermeture en schiste ou en calcaire dont 12 concentrés dans une zone privilégiée.

Fosses sépulcrales sans urnes : 16 (11%)

Les ossements incinérés pouvaient être dispersés dans le comblement ou mélangés aux résidus du bûcher ou rassemblés en paquets sur le fond. Parfois des céramiques ont été mélangées au comblement (un bris rituel d’un vase).

Sépultures à urnes : 47 (34%) de 5 types différents :

  • 1er type : les vases très faiblement enfouis à l’origine et déposées en position retournée dans des fosses approximativement calibrées aux dimensions de l’urne, soit 14 tombes (10%).
  • 2ème type : les vases enfouis plus profondément dans des vases  calibrées aux dimensions de l’urne. Elles sont posées sur le fond ou en position inversée.
  • 3ème type : les urnes positionnées dans des fosses de dimensions plus importantes avec le dépôt funéraire à l’intérieur du vase. Une seule tombe était pourvue d’une dalle.
  • 4ème type : les urnes dont le dépôt osseux a été versé dans le comblement de la fosse avec le vase positionné à côté.
  • 5ème type : mes urnes avec les ossements épandus sur le fond de la structure et l’urne positionnée par dessus sur sa base ou inversée.

 

Les aires de combustion

Dix-sept aires de combustion ont été mises à jour, la plupart en bordure de la nécropole. Toutes conservent une sole d’environ 1 m2 , les parois ménagent une ouverture en regard de la fosse de rejet et du côté opposé à l’ouverture, on y trouve la cuisson la plus intense. Cinq aires sont fermées et trois sont plutôt ouvertes. Aucun artefact n’a été trouvé. 251 prélèvements d’échantillons ont été datés par archéomagnétisme au centre de physique du globe de l’IRM de Dourbes.

D’autres vestiges ont été dates par la méthode du radiocarbone. En prenant les deux valeurs extrèmes pour l’ensemble des résultats C14,les dates varient entre 573 et 855 et les résultats archéomagnétiques arrivent à la date de 707 (-88,+81), donc pas du tout à l’époque des champs d’urnes mais bien à l’époque mérovingienne. Indépendamment de ces dates hors contexte, ces recherches permettront une meilleure connaissance du champ géomagnétique et améliorent les courbes de référence de la variation séculaire de la direction du champ dans nos régions.

 

Les Céramiques

Le corpus se compose de 31 éléments y compris les incomplets. Les types les plus fréquemment rencontrés s’apparentent aux formes hautes à panse bitronconique à carène médiane avec ou sans encolure ou aux formes ovoïdes. Mais aussi des tasses, des gobelets à épaulement ou des gobelets à panse arrondie et col évasé…..les datations sont en cours. Mais ce site funéraire aurait été utilisé pendant une longue période mais ce développement est-il lié à un noyau primitif ou a t-i l évolué anarchiquement ?

 

D’autres informations sur le site du Trilogiport