[Expo] La dernière lettre

[Expo] La dernière lettre

Récits de l’année 1918

Le vernissage aura lieu le 11 novembre 2018 à 19h, au musée régional, 1er étage – Rue du Collège, 31, Visé.
12/11/18 – 12/12/2018 | 14h à 17h | Fermé lundi
Visite guidée sur réservation

Afin de commémorer ce Centenaire 2018 comme il se doit, nous avons décidé de vous conter l’histoire des derniers mois de la guerre en Basse-Meuse et ailleurs d’une manière un peu original – du moins nous l’espérons.

En cette occasion, nous avons évidemment voulu vous parler de la dernière année du conflit… en la remettant néanmoins en perspective en quelques mots et photographies. Cette exposition a donc pour vocation de vous plonger dans le temps, à travers les lettres et carnets de différents personnages réels ou fictifs.

Car si des textes explicatifs seront à votre disposition, ce sont finalement ces mots et photographies d’autrefois qui sont les plus aptes à vous faire découvrir de l’intérieur la conclusion de ce terrible conflit.

Vous voyagerez notamment aux cotés de deux personnages fictifs, Lison et Jean, qui vous accompagneront dans cette plongée dans la Grande-Guerre.
Tout imaginaire qu’ils soient, ils sont néanmoins inspirés de nombreux autres vécus, réels, qui prendront consistance à travers eux.

A certains endroits de l’exposition, vous trouverez des documents, des lettres, des photographies.

Libre à vous de les découvrir. A moins que vous préfériez rester à la surface des choses ? c’est à vous de choisir la profondeur de votre plongée dans le passé ! A présent, laissez-nous-vous conter l’histoire de ces deux enfants du pays dont la destinée va prendre un tour inattendu et plutôt dramatique en ce mois d’août 1914…

A savoir sur cette exposition

  • L’exposition est gratuite.
  • La visite guidée est possible sur réservation – celle-ci est néanmoins payante.
  • Celle-ci est accessible aux enfants dès la primaire, avec encadrement. 
  • Des images pouvant impressionner les jeunes esprits seront présentes (mais pas forcément mise en exergue et à leur hauteur)
  • Des vidéos inédites issues des Archives audiovisuelles (SONUMA) seront visibles dans chacune des salles de l’exposition – les images choquantes ont été supprimées de ces vidéos.
  • L’exposition a pour vocation de faire entrer le visiteur dans la peau des personnes ayant vécu les événements : par carnet, lettres, photographies
  • Un complément informatif et théorique suffisant sera à disposition des visiteurs
  • Si vous êtes un professeur et que vous souhaitez faire visiter cette exposition à vos élèves, veuillez nous contacter le plus rapidement possible pour plus d’informations ( infos (a) museedevise.be ) ! 

Les amoureux de mai : Jean et Lison

Mai 1913

« Cher journal, Ce soir, c’est la fête ! La place a été décorée de lampions, il y aura de la musique et des danses. En l’honneur de mes 18 ans, j’ai réussi à obtenir l’autorisation auprès de Père de me rendre au bal. J’ai tellement hâte. Mère me dit que j’y rencontrerai peut-être mon futur époux, cela me parait improbable… mais qui sait ? Je vais mettre la robe bleue sur laquelle j’ai tant travaillé lors de mes soirées. Et Mère m’a offert de nouveaux rubans pour mes cheveux, on dirait un arc en ciel satiné et merveilleux… Et ne dit-on pas que les rubans qui dansent derrière soi peuvent attirer les regards ?»

– Extrait du carnet de Lison

Lison rencontra Jean ce soir de mai 1913. Il était musicien et revenu depuis peu en ville après de longues années d’études au conservatoire de Liège. Engagé il y a peu pour égayer les soirées au grand hôtel, il avait jolie prestance et un talent indéniable.

Si avant ce soir, Jean pensait rapidement partir en Angleterre, afin d’y rejoindre un autre compatriote parti quelques années auparavant pour entrer dans un Jazz Band. Il laissa cette idée derrière lui après avoir rencontré Lison…

Dès qu’il l’avait vu, il n’avait pu décrocher ses yeux de sa silhouette au point même de réaliser quelques fausses notes. Il avait dû ruser, Jean, pour pouvoir lâcher son violon et inviter sa belle. Une silhouette gracile, des cheveux bouclés blond vénitien, des yeux en amande et un teint de rose. Non, vraiment, Jean ne pourrait jamais penser à une autre qu’elle…

La suite aurait pu être le sujet d’un de ces films muets que l’on passait au cinéma : Après quelques mois de tractations entre les familles, ils se fiancèrent… et ma foi, leur histoire pourrait tenir dans un carnet mais n’est point le sujet ici !

Nous au mois de mai 1914, bel oiseau chante. Les cloches sonnent à tout rompre dans le ciel de la belle ville de Visé, aujourd’hui est jour de fête. On y marie un bien joli couple d’amoureux. On ne manquera pas de musique à ce mariage-là, tant sont nombreux les amis à se disputer violons, accordéons et tambours. Joli mois de mai. La fête est longue. Les lampions ont été attachés dans les arbres de la place. Curieux et invités se mélangent.

Oh, le temps est étrange, on sent que le monde vibre au son de musique martiale. Alors, comme pour exorciser les craintes, on chante et on boit plus que raisonnablement. Les voix se mêlent aux instruments, on tape dans les mains, on est heureux. La jeunesse appelle la vie alors que les anciens assis sur les bancs à l’ombre des arbres, ne peuvent s’empêcher, malgré les rires et les chants, de laisser tomber sur leurs regards un voile d’inquiétude. 

La nuit tombe. Les portes se referment. Au petit matin, sur le lit enlacé, Jean et Lison sommeillent.

L’Europe bruisse, les postures se raidissent de part et d’autres. Il ne faudrait bien qu’une étincelle pour que tout se relance comme en 1870. Les anciens n’aiment pas repenser à cette période, où les voisins se sont écharpés, on sait qu’il ne faut pas se mettre entre l’écorce et l’arbre…. Et malheureusement, c’est exactement où se trouve la Belgique….